Musicolalie

Notes musicales

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Analyse

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samedi, octobre 17 2009

Pli musical (Musicolapli)

J'ai évoqué dans un autre billet les correspondances entre musique et architecture, entre les structures dans le temps et dans l'espace, entre les fugues et les cathédrales...
Bachelard disait en substance que dans une maison sans recoins, sans lieux cachés et obscurs, point de rêverie possible. Puisque la musique ne peut exister sans rêverie, se pose donc la question du coin, du recoin musical...
La musique ne se contente pas de s'étirer dans le temps, d'étirer le temps, elle s'y plie, s'y replie. La musique est comme un pli du temps, un origami de durées.
Le philosophe Gilles Deleuze l'évoque dans son mythique Abécédaire, et développe ce concept du pli, en particulier dans Le pli, Leibnitz et le Baroque...

Pour illustrer ce riche concept de pli musical, voici une très belle animation autour d'un canon cancrizans de Bach et d'un ruban de Moëbius


J.S. Bach - Crab Canon on a Möbius Strip

Et puisque qu'on parle de ruban, de Bach, de pli, de philosophie... il faut citer LA bible en la matière, le livre de Douglas Hofstadter Gödel, Escher, Bach : les brins d'une guirlande éternelle (Prix Pulitzer 1979), construction virtuose et réjouissante, qui mêle et démêle les constructions musicales, graphiques et logiques avec une érudition et un plaisir communicatifs. Ceux qui veulent s'approcher de ce pavé peuvent faire un détour par le blog éclectique, ou (pour les motivés anglophones), suivre des conférences du MIT dédiées à GEB (Gödel, Escher, Bach).

mercredi, septembre 30 2009

Bach et son tempérament

Certains musiciens pensent que le tempérament en musique est un sujet désuet qui n'intéresse que trois prix Nobel se réunissant un soir par mois pour résoudre des équations différentielles et siffler en quart de ton. Tout est une question de point de vue...

Je dois l'avouer, j'ai une tendresse particulière pour les sujets désuets ; le tempérament musical, c'est un peu l'enduit du peintre, le parfum d'une encre, la prononciation si particulière d'un discours de Malraux... Bref, un presque-rien et un je-ne-sais-quoi, comme dirait Jankélévitch, qui fait toute la différence...

En guise de rappel (et de mise en perspective) sur le tempérament, ce site anglophone propose un bel aperçu sur l'harmonie et les proportions dans la Grèce antique...

Pour (ré-)ouvrir la fameuse polémique du "tempérament" chez Bach, et notamment dans le Clavier Bien Tempéré (ou "Bien" ne signifie pas nécessairement "égal"), un site très complet proposé par le claveciniste Bradley Lehman...

lundi, juillet 6 2009

L'art (et la manière) de la fugue

Je crois beaucoup au concept de forme. Et plus précisément, je crois que chaque forme raconte une histoire, que les formes racontent l'Histoire, et que les histoires de formes se répondent ou se contrepointent.
Une illustration : le dialogue entre musique et architecture. "Architecture, musique silencieuse", remarquait Goethe.
Musique et Architecture s'interpénètrent de longue date. Ainsi, que seraient les doubles choeurs de Gabrieli sans la Basilique San Marco de Venise, les Divertimenti de Haydn sans les salons princiers des Esterhazy, les trompes de chasse sans forêt, les danses hongroises de Brahms sans taverne, la musique d'ascenseur sans... Bref, la liste est longue, et pourrait se décliner à l'infini. Le temps doit beaucoup à l'espace, et l'harmonie à la géographie...
Alors, parfois, quand le temps et l'espace se fixent, se cristallisent, s'épurent, ou se transcendent, quand le géomètre se fait musicien, quand le compositeur se fait bâtisseur, parfois, donc, les histoires se mêlent, et les formes se fondent. Parfaits exemples de cet exquis équilibre, la cathédrale et la fugue.
Deux aboutissements, deux hymnes à la verticalité, deux structures hautement architecturées et sévèrement codifiées, mais suffisamment plastiques et malléables pour laisser une vraie liberté aux grands maîtres.
Mais comme il est plus difficile de se "promener" dans une fugue avec aisance que dans la cathédrale de Chartres, voici quelques sites pour s'initier aux lois et aux arcanes de l'édification contrapuntique...
Pour commencer, une animation très simple mais évocatrice, autour d'une fugue de Pachelbel.
Pour ceux qui veulent une version disons "didactique", vous pourrez lires les notes principales du cours de fugue de Michel Baron, ou, en anglais, ce guide de la fugue.
Pour ceux qui ont besoin d'une approche plus drôle et graphique, voici une version BD la plus jolie fin du monde.
Et pour les bilingues, voici quelques ressources théoriques, sur l'anatomie d'une fugue par Timothy Smith, et sur des bibliographies ou des répertoires via Kunstderfuge.

jeudi, juin 11 2009

Rhétorique et art martial

combatTout d'abord, un petit "rafraîchissement" rhétorique, avec un site qui propose un bref récapitulatif et une synthèse efficace.
Après cet échauffement en règle(s), je vous conseille d'aller vous entraîner sur un site ludique et amusant, qui fait écho à un précédent billet développé sur la rhétorique. L'approche est assez anglo-saxonne (friands de club de débats) et envisage la pratique de la rhétorique comme un exercice, une joute, un art martial. Epreuves, Maître, discipline, techniques, bottes secrètes... à voir pour commencer le combat...

dimanche, mai 17 2009

Temps de musique

Pierre Laurent Aimard a donné une nouvelle conférence au Collège de France intitulée "Le comptage du temps - pulsation, rythme. Conceptions et vécus du temps en musique". Vaste programme, comme toujours richement illustré ; où il est question du temps récitatif-méditatif ou pulsé du baroque, de l'architecture et de la symétrie temporelle du classique, du temps palpitant et schizophrénique des romantiques ; où l'on vogue de Schumann en Carter, et de Bach en Boulez...

Le mois de mai s'annonce riche en conférences, dont certaines sont particulièrement attendues (la grammaire musicale, le son, etc...). Bref; comme le dit la sagesse populaire, en mai, podcaste ce qui te plaît...

dimanche, avril 26 2009

BWV (Boulez et Webern en Vidéo)

webern

Les compositeurs sont des êtres complexes, et difficiles à appréhender. Les études sociologiques ne s'y intéressent guère, et se heurtent toutes à la barrière infranchissable du génie. Impossible dès lors de dégager une typologie cohérente et lucide. Pourtant, composer, ce n'est pas seulement virevolter dans des sphères inconnues et tutoyer les anges. Composer, c'est un peu comme aller à la pêche.

Il y a plusieurs types de pêcheurs. L'obstiné, qui est là tous les jours, que ça morde ou pas (Stravinsky). Celui qui connaît un bon coin, et qui s'étonne quand sa pêche miraculeuse se tarit (Mendelssohn). Celui qui pêche avec un immense filet, et qui ramasse tout ce qui passe... Webern pêche lui aussi au filet. Mais au filet le plus subtil qui se puisse concevoir, d'une envergure si réduite et d'un tissage si fin qu'il invalide dans les termes la possibilité même d'une pêche miraculeuse. Ce n'est pas un filet, c'est un tamis, et ce n'est pas un pêcheur, c'est un chercheur d'or.

L'or musical est moins immédiatement séduisant que l'or de joaillerie. Disons qu'il brille d'un éclat plus secret ; c'est probablement ce qui le rend plus difficile d'accès... Et si l'on se retrouve sans préparation devant l'un de ces joyaux weberniens, il est malheureusement facile de passer à côté sans l'entendre ; il est aisé de juger "hermétique" ce qui n'est en fait que concentration extrême ; et commun de ne percevoir que du silence ou de la raréfaction là ou tout est quintessence...

Il est désormais possible, par le biais du site MEDIAMUS, d'assister à une présentation par Pierre Boulez des pièces pour orchestre opus 10 de Webern. Cette vidéo très didactique et érudite prend le temps de mettre en valeur chaque détail de ces pièces finement ciselées, et elle est un excellent moyen de se plonger dans l'oeuvre du grand compositeur viennois.

mardi, avril 21 2009

La mort du commentaire d'écoute ?

Nous devrions être assez convaincus de notre néant : mais s'il faut des coups de surprise à nos coeurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Le commentaire d'écoute se meurt ! Le commentaire d'écoute est mort ! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille ? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté le coeur des étudiants. Partout on entend des cris ; partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le Roi, la Reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré ; et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète : le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement.

On me pardonnera de détourner Bossuet, d'autant que la nouvelle est moins grave qu'il n'y paraît (pour l'instant). Le commentaire d'écoute n'est pas mort en un éclair. Il y eut des symptômes. Des signes avant-coureurs. Par exemple, sa mise en examen ; je veux dire, son institutionnalisation en tant que passage obligé (et souvent désobligeant) pour de milliers d'étudiants et de jeunes musiciens. Institutionnaliser une pratique, c'est un peu comme empailler un animal : c'est choisir l'immortalité plutôt que la vitalité, c'est préférer l'immobile à l'imprévisible, l'artificiel au naturel, bref, c'est garder la forme sans la substance.

La forme du (piètre) commentaire d'écoute se résume en un plan type, académique, prudent, et qui n'a comme fin que d'identifier le titre d'une oeuvre et le nom du compositeur. Bref, ce commentaire (scolaire) d'écoute est à l'art ce qu'une réponse correcte à Questions pour un champion est à la Critique de la raison pure... Eh bien, c'est ce commentaire d'écoute qui se meurt, et d'une mort plutôt réjouissante, puisqu'elle se fait sur l'autel de la connaissance. Je m'explique...

Il existe des logiciels de reconnaissance musicale, de plus en plus puissants (par exemple Midomi ou Shazam). Sur le mode de fonctionnement, ces logiciels utilisent des procédures décrites ici et . Pour faire simple, vous entendez une chanson à la radio, dans un café, dans une série, etc..., il suffit de braquer son téléphone portable ou son ordinateur sur la source sonore (voire de la chanter ou de la siffler) pour obtenir le nom du morceau, de l'artiste, etc... en quelques secondes.

C'est l'avènement d'outils bien plus puissants et spécifiques que ceux développés pour la reconnaissance vocale, en ce sens que la musique est multi-paramétrique. Bien entendu, ces applications sont à but commercial (savoir ce que l'on veut acheter... ce qui explique probablement l'immense différence d'efficacité de ces programmes selon qu'il s'agit de musiques actuelles ou de musique classique) mais leurs outils ouvrent des horizons scientifiques nouveaux... Bref, après l'intelligence artificielle, l'écoute artificielle.

La substance du commentaire d'écoute, en revanche, présente un immense intérêt. Écouter, réfléchir, comparer, analyser, proposer... C'est une activité humaine ancestrale et vitale, c'est être aux aguets, c'est être un guetteur, une sentinelle. Et pas seulement pour surveiller d'où vient le danger, le prédateur, l'ennemi ou la proie (la localisation étant d'ailleurs la première fonction de l'oreille humaine). C'est savoir d'où vient l'art, d'où vient cette pièce de musique qui nous est proposée, dans un sens plus métaphorique que géographique ; d'où, de quel endroit, de quelle époque, de quelle tradition, de quel métier, de quelle technique de composition, de quel usage social... Bref, c'est avoir le tympan interrogateur, et le cerveau musical aux aguets...

jeudi, avril 2 2009

Musique et rhétorique

platonCertains sujets sont si denses que l'on hésite parfois à s'y aventurer seul et sans lumière. La rhétorique musicale fait partie de ces sujets ; mais cette densité est proportionnelle aux enrichissements que l'on y peut trouver... En guise de lanterne, donc, voici un florilège de sites qui traitent de rhétorique...

Comme souvent en musique, Jean-Sébastien Bach fait figure de parangon. De nombreux travaux de recherches furent consacrés à la place de la rhétorique dans son oeuvre (Albert Schweitzer, André Pirro, Marie-Claire Alain, et beaucoup d'autres...)

En guise d'introduction, on peut consulter cette page, courte et synthétique, pour cerner la problématique.

Pour une vision plus générale, on peut également lire cette page sur la rhétorique et la musique, qui rappelle les grandes étapes du plan de l'orateur (Expositio, Elaboratio, Peroratio).

Jacques Fischer propose dans son site une synthèse élégante et utile des constantes expressives dans le langage musical de Bach (mouvements conjoints, chromatismes, dactyles, canon, etc.)

Pour ceux qui préfèrent l'oral à l'écrit, Gilles Cantagrel, grand spécialiste de Bach - et excellent rhétoricien dans ce genre délicat entre tous qu'est la conférence - propose une approche de la Symbolique et rhétorique chez Bach. En écoute, mais également à lire sur le site, puisque le texte est intégralement disponible en ligne.

Enfin, toujours dans le style de la communication orale, Pierre Alain Clerc propose une réjouissante conférence en ligne sur la rhétorique musicale (en particulier sur la musique allemande), nourrie de nombreux exemples musicaux et d'un lexique complet et indispensable (avec les définitions des différentes figures musicales avec exemples, une table de la symbolique des tonalités et des différents intervalles, des analyses d'oeuvres sous l'angle rhétorique, etc.). Disponible en pdf et en e-book en téléchargement

En anglais mais très complet, le site MusicaPoetica liste toutes les figures rhétoriques (musicale et littéraires) et en donne les définitions. À première vue, cela ressemble un peu à un dictionnaire médical... mais on y trouve quand même un grand nombre d'informations utiles.

Enfin, pour les vrais amateurs de rhétorique, il faut se ruer sur les beaux sites comme celui ci, complet et bien présenté. Plus spécialisés et en anglais, Silva Rhetoricae est une forêt où il est bon de se perdre, ou de flâner entre les fleurs de la rhétorique...

mercredi, avril 1 2009

Compositeurs autrichiens

Le site Aeiou propose une présentation de compositeurs autrichiens (Beethoven, Mozart, Haydn, Schubert, Bruckner, Strauss, Brahms, Schönberg, Hauer, Schiske).

Disponible en anglais et allemand, on peut y trouver des analyses de partitions (symphonies, etc). Du côté multimédia, on reste un peu sur sa faim (différents formats pour le son, mais un chargement de page peu ergonomique)...

Bref, un site est à visiter pour approfondir sa culture musicale autrichienne !

vendredi, mars 13 2009

Stockhausen... et les autres ? Plaidoyer pour une écoute collaborative et signée

Florent Boffard, actuellement professeur de déchiffrage au CNSM et ancien pianiste de l'Ensemble InterContemporain propose un site mutimédia pour présenter le Klavierstück X de Karlheinz Stockhausen. L'idée est séduisante, et la réalisation au diapason, avec des axes d'approche variés, personnels, pertinents. Un site à voir, donc. Et peut-être, plus profondément, un site qui donne à penser. Penser que dans un futur proche, plein de gens talentueux comme Florent Boffard proposeront, gratuitement, sur internet, des sites dédiés à des pièces qui les touchent, et qui méritent d'être connues. Connues, présentées, amenées, éclairées...

Pour reprendre une thématique déja abordée dans un autre billet, on pourrait envisager ce site comme une écoute signée. Pour expliquer ce concept, introduit par Bernard Stiegler à l'IRCAM, il est peut-être plus parlant de commencer par son frère conceptuel, celui de regard signé, développé par le Centre Pompidou et l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI), pour illustrer leur logiciel Ligne de Temps, outil d'analyse cinématographique. Rapide présentation, empruntée à la brochure en ligne de l'IRI...

Lignes de temps met à profit les possibilités d’analyse et de synthèse offertes par le support numérique. Inspiré par les timelines utilisées sur les bancs de montage numérique, ce logiciel propose une représentation graphique d’un film, révélant in extenso son découpage. Pour les besoins de l’analyse, il substitue à la logique du défilement contraint, qui constitue l’expérience de tout spectateur de cinéma, la « cartographie » d’un objet temporel. Ainsi, en sélectionnant un segment d’une « ligne de temps », l’utilisateur a-t-il accès directement au plan ou à la séquence correspondante dans le film, séquence qui peut être décrite et analysée par des commentaires textuels, audio, vidéo, ou documentée par des images ou des liens Internet. À ce premier stade d’analyse permettant de parcourir le film plan à plan, peuvent s’ajouter d’autres paramètres à partir desquels il est possible de construire d’autres « lignes de temps » parallèles au déroulement du film, et d’orienter des explorations multiples, en fonction des échelles de plan, des mouvements de caméra, des entrées et sorties de champ et potentiellement de toute forme objectivable. Autant de manières de multiplier les approches, de visualiser, par comparaison et combinaison des critères de pertinence, des effets de sens, d’actualiser, par exemple, des récurrences et des symétries.

Le lien entre l'analyse musicale et l'analyse cinématograhique est transparent, et on imagine sans mal les transpositions entre l'un et l'autre (accès à un thème, découpage formel de la pièce, etc...)

Le deuxième point est également d'actualité, puisqu'il s'agit d'appareiller les pratiques « amateurs »

Des historiens, des critiques, des théoriciens, des étudiants d’écoles d’art et de cinéma ont accepté de s’emparer de ces outils pour vérifier des hypothèses qu’ils avaient formulées, pour en explorer de nouvelles et permettre, à travers ce travail, l’expertise, la critique, l’enrichissement, voire le détournement de ces dispositifs. Bénéficiant de l’expérience de cette communauté experte en matière d’analyse cinématographique, de nouveaux cercles d’amateurs (professeurs de l’enseignement primaire et secondaire, cinéphiles...) expérimentent à présent de nouvelles « pratiques » des « lignes de temps ».

Objectivation, subjectivation, communautisation

Aux critères de segmentation précédemment décrits et qualifiés « d’objectifs », les praticiens du logiciel peuvent ajouter leurs propres lignes « subjectives ». L’annotation subjective peut dépasser la dimension du visible, porter sur l’analyse du hors champ ou souligner la construction technique, narrative ou émotionnelle. L’outil permet de poser des marqueurs ou de définir des segments le long des « lignes de temps », puis de leur attacher une annotation en texte libre, des mots-clés gérés par une base de données partageable entre une multitude d’utilisateurs, ou, dans des développements futurs, en faisant appel à des thésaurus ou des arborescences thématiques. L’annotation peut aussi prendre la forme d’un commentaire audio enregistré directement via le logiciel ou par synchronisation de documents (fichier audio, textes, photos, vidéos, URL). Troisième enjeu du développement de l’outil, la « communautisation» permet à l’auteur de partager ses « lignes de temps » avec un cercle choisi, ou de manière ouverte et publique. Instruments organisés de dialogue synchronisé au film, les « lignes de temps » des contributeurs peuvent s’échanger, être superposées ou modifiées par les uns ou les autres indépendamment du site collaboratif décrit plus loin.

Regards signés et formes de rendu

Concept hérité des « écoutes signées » développées à l’Ircam à l’initiative de Bernard Stiegler, les « regards signés » incarnent le point de vue d’un amateur, qu’il soit critique, réalisateur, enseignant ou élève. Construits à l’aide du logiciel Lignes de temps, ils peuvent être publiés sous différentes formes : le logiciel propose actuellement la visualisation de séquences mises « bout à bout », la comparaison de deux extraits vidéo en parallèle, la lecture d’un hypertexte dont les liens déclenchent les séquences évoquées, la visualisation de séquences avec commentaire audio synchronisé, etc. Les travaux des résidents de l’IRI ont d’ores et déjà révélé de nouvelles possibilités d’exploration de la construction narrative, des parcours thématiques à travers plusieurs films, une mise en lumière des relations entre cinéma, photographie et peinture, voire une analyse génétique de l’oeuvre ou la mise en évidence du changement de statut des images selon le contexte historique, culturel, social ou politique de leur production et/ou de leur réception.

Les projets initiés à l'IRCAM et à l'IRI me semblent être en attente pour l'instant (en tout cas, c'est ce que me laissent penser mes recherches infructueuses sur internet). Mais la brèche conceptuelle est ouverte...

vendredi, mars 13 2009

Le quizz du week-end...

Pour tester et/ou améliorer sa culture musicale, quelques sites en ligne...

Metronimo, site intéressant et qui propose des textes en ligne (berlioz, lavignac, danhauser), des applications payantes (et pour PC donc non testées par moi...), publie un quizz musical en ligne (lecture, culture, histoire), qui n'est pas si simple qu'il n'y parait...

Un Quizz sur les quatuors de Haydn et Mozart est disponible avec un son disons "désagréable" (mauvais piano de synthèse) mais l'idée est amusante, et la recherche qui sous-tend le projet est sérieuse (calculs du taux de reconnaissance, etc)...

Massivemusicquiz porte bien son nom, puisqu'il propose des blind tests dans tous les styles, dont le style classique (niveau quand même relevé, avec des pièces vraiment méconnues ou des problèmes de titres d'oeuvre/nom du CD). Mais tout de même stimulant !

Un projet qui va en sens inverse du commentaire d'écoute, Themefinder est une sorte de dictionnaire de thème musical, qui propose plusieurs pistes d'entrée.

Enfin, un site qui se pose dans la même problématique que le précédent (dictionnaire thématique)... Musipedia permet de retrouver un thème en entrant quelques notes sur un clavier virtuel, en sélectionnant son contour, en "tapant" son profil rythmique, voire en chantant ou en sifflant...

samedi, mars 7 2009

Pierre Boulez : l'Oiseau de Feu

L'évènement est suffisamment rare pour être signalé : Pierre Boulez dirige l'Orchestre de Paris dans l'Oiseau de Feu de Strawinsky, et comme le rappelle le site de l'Orchestre de Paris, cela n'arrive que tout les 20 ans... Pour célébrer ces retrouvailles donc, le site de l'Orchestre de Paris met en ligne


Bonne séance de rattrapage à tous !

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